Le kimono sur le fil : une série d'article depuis ses origines

Tisser le silence — Kimono, cérémonie du thé et la poésie du geste
2018, mon premier rêve de voyage au Japon. 2025, l’année de sa réalisation.
Je vous rejoins ici, à travers mes mots, pour commencer l’écriture du carnet de voyage que j’espérais depuis tant d’années : cheminer vers la maîtrise du kitsuke, l’art de porter le kimono.
Dès lors, je n’ai eu de cesse de multiplier les élans, les expériences, les rencontres afin de me rapprocher de cet objectif lointain. Lointain, mais petit à petit je l’ai rendu accessible et c’est ce que je vais vous conter dans les prochains articles.
Aujourd’hui, ces mots vous parviendront depuis le Japon !
Mon éthique personnelle du kimono, je vous la transmets. Voici en quelques phrases, comment mes sens sont en émoi devant de si beaux tissus, chacun raconte l’histoire de son ou sa créatrice, l’histoire du Japon ; tout comme maintenant, un peu de mon histoire aussi.
Une vision singulière.
Il y a des expériences qui ne se racontent pas immédiatement. J’ai attendu des jours avant de me décider de partager la multitude d’émotions que j’ai ressenti ce jour-là, très précieux, de ma première cérémonie du thé en kimono.
Ces moments partagés demandent de déposer le bruit, d’attendre que la mémoire se décante, comme la poudre de thé matcha. Elle se dissout lentement sous le fouet de bambou par la grâce des gestes de la maîtresse de cérémonie.
La cérémonie du thé appartient à ces instants qu’on ressent comme éternels. Des souvenirs précieux.
Ce jour-là, à Osaka, le silence s’est fait dans mon cœur, les bruits de chacun⸱e trouvaient leur écho. Le silence était ma présence. Le froissement léger de la soie, le glissement mesuré des pas sur le tatami, le frémissement de l’eau frôlant l’ébullition — tout semblait écrit d’avance, je n’avais qu’à suivre la partition.
Mes gestes devenait les vers d’un poème ancien que le corps aurait appris avant même l’esprit : ils étaient naturels car ils étaient guidés par une main experte.
Avant même que le thé ne soit servi, quelque chose avait déjà commencé à m’émouvoir : le kimono. Il est très présent dans ma vie, mon quotidien. N’écoutez pas les personnes qui vous disent qu’il meurt lentement au Japon, qu’il est histoire à consigner dans un livre, moins porté, désuet.
Il y a des expériences qui ne se racontent pas immédiatement. J’ai attendu des jours avant de me décider de partager la multitude d’émotions que j’ai ressenti ce jour-là, très précieux, de ma première cérémonie du thé en kimono.
Ces moments partagés demandent de déposer le bruit, d’attendre que la mémoire se décante, comme la poudre de thé matcha. Elle se dissout lentement sous le fouet de bambou par la grâce des gestes de la maîtresse de cérémonie.
La cérémonie du thé appartient à ces instants qu’on ressent comme éternels. Des souvenirs précieux.
Ce jour-là, à Osaka, le silence s’est fait dans mon cœur, les bruits de chacun⸱e trouvaient leur écho. Le silence était ma présence. Le froissement léger de la soie, le glissement mesuré des pas sur le tatami, le frémissement de l’eau frôlant l’ébullition — tout semblait écrit d’avance, je n’avais qu’à suivre la partition.
Mes gestes devenait les vers d’un poème ancien que le corps aurait appris avant même l’esprit : ils étaient naturels car ils étaient guidés par une main experte.
Avant même que le thé ne soit servi, quelque chose avait déjà commencé à m’émouvoir : le kimono. Il est très présent dans ma vie, mon quotidien. N’écoutez pas les personnes qui vous disent qu’il meurt lentement au Japon, qu’il est histoire à consigner dans un livre, moins porté, désuet.
On en parle aussi comme un vêtement traditionnel. Or, dans l’espace épuré de la salle de thé, j’ai compris qu’il était davantage un seuil.
Le kimono prépare le corps à entrer dans une autre temporalité. Il ralentit le geste, redessine la posture, élargit la conscience. Les manches encadrent les mouvements. La ceinture maintient le centre. La marche se fait plus attentive.
Le kimono est vivant, il s’incarne grâce à celui ou celle qui le choisit.
On ne porte pas un kimono à la hâte.
Le kimono prépare le corps à entrer dans une autre temporalité. Il ralentit le geste, redessine la posture, élargit la conscience. Les manches encadrent les mouvements. La ceinture maintient le centre. La marche se fait plus attentive.
Le kimono est vivant, il s’incarne grâce à celui ou celle qui le choisit.
On ne porte pas un kimono à la hâte.
Dans le milieu de l'époque Heian, le style national s'est développé : le Japon s'émancipait de l'influence de la Chine en affirmant ses valeurs à travers la politique, les arts et bien sûr les vêtements. Ainsi, de nouvelles tenues apparurent, toujours sous l'impulsion des plus hautes sphères politiques et religieuses.
On l’habite.
Et peut-être, en retour, nous habite-t-il.
